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lundi 13 novembre 2006 A 14:28

Depuis la récente sortie de la version 2.0 de FireFox, une polémique resurgit autour de la fondation Mozilla : elle aurait touché des dizaines de millions de dollars. Rappelons d’abord l’historique. La fondation Mozilla est une association a but non lucratif, issue de l’échec du rachat de Netscape (Communicator doit rappeler quelque chose à ceux qui se rasent depuis quelques années...) par AOL. La soixantaine d’employés laissés sur le carreau par AOL décide d’utiliser leur chèque de départ pour créer la fondation et développent parallèlement leurs deux outils phares : FireFox et Thunderbird. Les donations et le mécénat (AOL, IBM, Red Hat, Sun, ...) sont les seules ressources. Afin de se rapprocher d’un cadre juridique plus propice au commerce la fondation a créé en août 2005 la société sans actionnaire ‘Mozilla Corporation’ en Californie, tout en affirmant continuer de travailler pour le seul bénéfice des utilisateurs.
Depuis cette année, grâce à la faiblesse ou au peu de fiabilité de ses concurrents, l’utilisation croissante de FireFox a généré des ressources importantes pour Mozilla. On parle de plus de 72 millions de dollars (les comptes exacts seront connu ce mois) versés par Google, Yahoo, EBay ou Amazon. Le simple fait de cliquer sur un lien sponsorisé après une recherche dans le moteur intégré de FireFox (redirigé vers Google ou Yahoo) génère une rentrée d’argent.
Grâce à cette manne, Mozilla a lancé plusieurs opérations :
publicités dans des média traditionnels
programme de recherche de bugs (500$ par faille)
augmentation des effectifs
projet de rémunération de la communauté de développeurs à travers le monde.
Face à l’exemple du rapprochement récent de Novell et de Microsoft, des moyens financiers indépendants des actionnaires sont la seule garantie de l’indépendance de la fondation.
Pour la partie européenne de Mozilla, l’association (de type 1901) a été créée en 2004 et regroupe essentiellement des bénévoles. Seuls trois permanents sont rémunérés par la fondation. Doit-on y voir un décalage de valeurs entre le nouveau et le vieux continent ? Est-ce que pour nous, vieux Européens, il est grossier de mélanger logiciels libres et business ?
PS : un lien pour aller plus loin le blog de Tristan Nitot