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mardi 24 janvier 2006 A 23:35

Lundi dernier, la MPAA avait admis avoir procédé à la copie du documentaire satirique "This Film Is Not Yet Rated" du cinéaste Kirby Dick, film où ce dernier dénonçait justement les méthodes de travail de la MPAA.
Le film "This Film Is Not Yet Rated" programmé ce mercredi au festival Sundance dénonce la censure et les méthodes de travail des 10 membres du bureau de contrôle de visionnage des films de la MPAA qui classifie les films comme suit :
G (general audience) : tout public ;
PG (parental guidance suggested) : accompagnement parental recommandé ;
PG-13 (parents strongly cautioned) : accompagnement parental recommandé, film déconseillé au moins de 13 ans ;
R (restricted) : les mineurs de moins de 17 ans doivent être accompagnés d’un adulte ;
NC-17 : interdit aux moins de 17 ans.
Dans son documentaire, Kirby Dick démontre que la MPAA censure plus facilement les oeuvres issues de producteurs indépendants que celles des grosses maisons hollywoodiennes. De même une scène de sexe mettant à l’image un couple hétérosexuel se verra moins vite censuré qu’un couple gay.
Le cinéaste a appris que son oeuvre avait été copiée et que la mention NC-17 "some graphic sexual content" (interdit aux mineurs) figurait sur son oeuvre. LA MPAA s’apercevant que ses membres étaient cités dans le film avait procédé à la copie de celle-ci et l’avait distribué en interne.
Il faut préciser que le film n’est ni commercialisé ni diffusé. Saisie par l’avocat de Kirby Dick, l’organisation a répondu par un laconique "the confidentiality of your film ... is our first priority. Please feel assure that your film is in good hands." ( la confidentialité de votre film ... est notre première priorité. Soyez assurés que votre film est entre de bonnes mains).
Devant la justice, la défense convenue de la MPAA sera axée sur l’argument que le film a été dupliquée à des fins privés (copie privée !), comme valeur de preuve pour d’éventuelles procédures. Elle estime que ses membres ont été suivis dans leur intimité et qu’elle en avait informé la police, craignant pour leur sécurité. Le but d’un documentaire et du travail journalistique n’est-il justement pas d’enquêter à couvert ?
Kirby Dick estimant n’avoir jamais donné son accord, demande que toutes les copies faites lui soit restituées. La MPAA estime être en état de légitime défense. On attendra de voir avec curiosité quelle sera la décision de la justice.