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lundi 3 avril 2006 A 18:15
Le Forum économique mondial (World Economic Forum , un comité indépendant, a publié son classement des pays les plus ouverts aux nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC ). Ce classement est basé sur des critères tels que le nombre de téléphones mobiles, le nombre d’ordinateurs par habitant, la disponibilité du capital-risque ou la qualité des instituts de recherche.
Selon Augusto Lopez-Claros, co-rédacteur économique du rapport, « les technologies de l’information et de communication représentent actuellement un des leviers les plus importants dans l’efficacité et dans la productivité d’un pays dans une économie globale qui, au jour d’aujourd’hui évolue sans cesse. »
Pour la troisième fois en cinq ans, les Etats-Unis sont les premiers grâce à « l’excellente qualité de ses institutions en matière d’éducation et l’étendu du niveau de coopération entre les corps de recherche et le monde des affaires ». Ils sont suivis par Singapour et le Danemark, premier pays européen.
Par rapport au classement de l’année dernière, la France perd encore deux places, pour se retrouver en 22ème position derrière la Nouvelle-Zélande et juste devant l’Estonie un des nouveaux arrivés dans la communauté européenne.
Précèdent également la France : (4) l’Islande , (5) la Finlande, (6) le Canada, (7) Taiwan, (8) la Suède, (9) la Suisse, (10) la Grande-Bretagne, (11) Hong Kong, (12) la Hollande, (13) la Norvège, (14) la Corèe du Sud, (15) l’Australie, (16) le Japon, (17) l’Allemagne, (18) l’Autriche, (19) Israel, ((20) l’Irlande.
La domination des pays asiatiques et nordiques est flagrante mais leur dynamisme ne suffit pas à justifier la continuelle dégringolade de la France .

L’étude réalisée par le Service de Recherche et de Technologie CORDIS ne laisse aucune illusion : la France a perdu toutes les caractéristiques fondatrices d’une puissance technologique. Surtout depuis l’an 2000, plusieurs commissions officielles, dont celle des Finances, ont sonné l’alarme.
Défaillance de la gouvernance française de la recherche, aussi bien par défaut d’évaluation que par manque d’efficacité des dépenses et par absence de politique dans les industries duales.
Réflexes corporatistes et protectionnistes, cloisonnement des chercheurs et faible internationalisation.
Absence de régime spécifique pour les « impatriés » et défaillance complète de ce qui reste du « brain drain » à la française.
Perte d’attractivité du territoire français pour les innovateurs :
Le contexte socio-politique et la situation financière de la France, lamentables, ne sont pas seuls en cause. Le clivage entre éducation-culture et monde économique pèse lourd dans le recul progressif mais constant de la France. Le rapport annuel sur l’éducation de l’OCDE de 2005 situait la France au 19e rang en matière d’enseignement supérieur.
Les ravages que ne manqueront pas de faire dans le domaine technologique les lois destinées à contrôler et limiter l’usage d’internet et des logiciels libres, DADVSI en tête, ne sont bien sûr pas encore pris en compte.
Classement des 114 pays étudiés
Pour mémoire : « Comment faire de la France une grande puissance technologique » (François Loos, ministre délégué à l’industrie auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie / Luc Fayard, 01 Informatique, le 23/09/2005)