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mardi 28 février 2006 A 12:45 PAR Txon
Plus que jamais, l’état voudrait financer cette culture médiocre qui vit surtout de subventions et grâce à des lois et réglementations protectionnistes. La crise chronique des musées nationaux et celle, pressante, des intermittents du spectacle ne font qu’aggraver la situation alors même que les enjeux financiers sont devenus encore plus énormes avec la vogue croissante pour les divertissements industrialisés.
Contrairement à d’autres pays d’Europe où la culture est prise au sérieux (Allemagne, Espagne, Grande-Bretagne, Italie), la France a choisi la voie de la taxation à outrance pour financer en grande partie sa production, le plus souvent à fonds perdus, au moins aux trois quarts par des subventions. Le surendettement ne permet pas à l’état d’aider à hauteur de ses espérances ce secteur en crise profonde qui réclame toujours davantage pour produire et occuper des dizaines de milliers de personnes.
Villepin et Breton ne peuvent que pousser Donnedieu dans le sens du verrouillage et de la répression de tout ce qui pourrait gêner les rentrées financières dans les caisses, toutes les caisses. Deux axes semblent privilégiés ...
Augmentation à marche forcée des ventes de tous les produits soi-disant culturels pour de plus gros profits des industriels et de certains artistes de renom auxquels l’état prélèvera un pourcentage élevé (la France est championne des impositions en tous genres),
Augmentation de toutes les redevances et taxes pour financer cette culture qui est de plus en plus exigeante sans pour autant être compétitive au niveau mondial.
De pareils desseins, qui ne peuvent convenir qu’aux déjà nantis, sont contrariés par toute notion de liberté, d’ouverture de la culture. L’échange de fichiers par P2P fait figure d’épouvantail aux yeux du conglomérat constitué par les gouvernants, les usiniers et les mercantis.
Une première loi restrictive et répressive, la LEN, s’est avérée insuffisante pour calmer les ardeurs des internautes d’un côté et les appétits financiers des profiteurs de l’autre.
Malgré un cuisant premier échec en décembre dernier, Donnedieu remet le couvert en présentant à nouveau le projet de loi DADVSI, à peine remanié, mais cette fois il veut convaincre les français du bien fondé du projet qu’il a élaboré en concertation avec ses amis les industriels, leurs représentants et ceux qui bénéficient déjà du système en place.
Comme on l’a déjà vu, ce bel ensemble ne recule devant rien pour arriver à ses fins : « intox », manipulations , pressions , chantage ...
Lors de son premier échec, Donnedieu avait été accusé de ne pas avoir assez communiqué. Cette fois, il essaye. Il a cependant du mal à dégager le moindre avantage au projet de loi qu’il défend bec et ongles. En parfait énarque habitué aux roueries politiques, il a donc mis en place un système à ogives multiples capable de convaincre ces français encore enclins à croire un ministre, mais les plateaux de télévision et la presse à sa dévotion ne suffisent pas.
Donnedieu veut aussi convaincre les internautes qu’il n’est pas un « liberticide »(1) au service d’« oligopoles apôtres de l’obscurantisme technologique »(2). Ses acolytes ont donc placé sur le site du ministère de la culture un argumentaire soigneusement préparé et qui occulte fort bien la réalité. Ils ont aussi innové en mettant en ligne un « blog » coûteux où des comparses plus ou moins en vogue viennent réciter, sans trop y croire, des leçons bien apprises.
Il est intéressant de voir jusqu’où peut aller la désinformation, comment on peut cacher avec autant de cynisme les objectifs réels d’un projet dangereux.
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(1). dixit Alain Suguenot, député UMP,
(2). dixit Bernard Carayon, député UMP.
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