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jeudi 9 juin 2005 A 23:34 PAR Deepspace

L’industrie du cinéma hurle à qui veut bien l’entendre que le P2P est la cause de tous ses maux. On ne comprend pas bien, jamais le cinéma n’a vendu autant de billets ! Il suffit de voir les ventes records du dernier Starwars... Mais à quel niveau le piratage sur internet est-il un danger pour ces marchands de pellicules ?
Un article instructif de Slate essaie de percer la logique marketing qui entoure les studios de cinéma. La démonstration est éloquente : lors de sa sortie un film est déjà un gouffre financier.
Les faits : en 2003 les six majors, studios-Disney, Warner Bros, Sony, 20th Century Fox, Universal, et la Paramount ont investi en moyenne environ 35 millions de $ par film en frais marketing (spots publicitaires, affichages, magazines, sites internet, etc...) et ont gagné environ 21 millions de dollars sur chaque titre. En admettant que la production d’un film ne coûte rien (ce qui est loin d’être le cas), il perd déjà 14 millions de $ !!!
Mais pourtant des bénéfices sont faits sur l’ensemble de la production cinématographique. Grâce aux produits dérivés, aux chaînes de télévision (surtout les chaînes à péages comme HBO), aux entrées dans les salles faites dans le monde entier quelquefois plusieurs mois après, et surtout la vente de DVD. La révolution numérique, les lecteurs DVD et écrans plasma hissent la consommation des produits culturels, la demande de ces produits coûteux engloutissant le budget des passionnés de cinéma, malgré un pouvoir d’achat limité chez les plus jeunes.
Et c’est là que le spectre du P2P fait son apparition : il empêche LA machine à gagner de l’argent de tourner en rond ! La technologie permet de copier ou échanger plus facilement des films, les prix excessifs pratiqués poussant les clients à déserter les étals, à se tourner vers des produits soldés, ou plus simplement à se procurer via internet des productions qui ne sortiront que bien plus tard au cinéma ou en DVD. Le peer to peer n’est pas l’ennemi, puisque bien utilisé il reste un formidable outil promotionnel, pour cela il suffit de voir les bandes annonces fleurir sur ce réseau, mais il est le révélateur d’un système économique défaillant où tout est misé sur la promotion du film, et sur l’impatience habilement entretenue pour que les spectateurs se précipitent aux projections à chaque date.